vendredi 23 octobre 2015

Un euro million 5 Des listes


5 DES LISTES

En faisant la liste de mes besoins, je me rends compte qu'être riche c'est voir le mauvais côté des choses murmure Laure : le tissu élimé de mon canapé, la chaufferie qui tousse, le mur froid de la maison côté nord, ce que je ne remarquais pas dans ma jeunesse, la porte du garage qui ne ferme plus, ma garde-robes démodée, mes rides, les vieilles casseroles de la cuisine, la chasse-d'eau qui quine, ma voiture qui a 12 ans. L'usure du temps...

Elle note ce qu'elle ne pourra jamais acheter, même avec tout l'or du monde : le retour de Victor, l'éternelle jeunesse, effacer mes erreurs, mes mauvais choix. Me garantir une place au Paradis ? Quelle utopie !

Un demi million à dépenser, c'est beaucoup pour celui qui a peu, presque rien pour un multimilliardaire. C'est vite loin, aussi vite qu'arrivé, dans de telles circonstances. Donc encore attention, toujours être vigilante. Alors une autre liste : ce que je ne peux pas m'offrir parce que trop cher : une île dans le Pacifique, un jet privé avec pilote, trois Rolls, un château en Espagne, en fait des choses dont je n'ai pas besoin et qui ne m'intéresse pas vraiment. Alors quoi ?

Le nécessaire, l'urgent : réparer la porte du garage ? Non, ça peut attendre. Faire un lifting ? Est-ce important ? Prendre un secrétaire comme me l'a suggéré mon fils ? Mi-temps 2'000 euros, 24'000 par an ; à ce rythme, dans 10 ans je n'aurai plus rien. Je lui ai suggéré, à lui et à sa femme, de venir habiter le 1er étage de ma maison. J'aurais agrandi la cuisine, mis une douche, fait une chambre supplémentaire sous le toit pour l'un des deux enfants, séparé le jardin en deux pour qu'ils soient indépendants. Malgré cela, ma belle-fille n'était pas chaude du tout, probablement que l'idée de la proximité de sa belle-mère lui déplaisait. Tout ce que je propose ne va pas. Ils ont certainement d'autres idées pour lesquelles ils auraient besoin d'argent, du mien évidemment !

Tout cela est négatif, négatif, absolument négatif ; si je continue ainsi, je vais me mettre à soupçonner tout le monde. Brusquement, prise d'un mouvement de colère, Laure se lève et quitte la pièce en claquant la porte.


suite du récit le 30 octobre 2015

vendredi 16 octobre 2015

Un euro million 4 Un chèque


4 UN CHEQUE

Environ trois semaines auparavant, Laure se trouvait à la Française des Jeux avec son billet gagnant et sa carte d'identité. Assis en face d'elle un homme costume-cravate, maigre, tiqueux, le cheveu rare, lui présenta son chèque en même temps qu'un psychologue qui avait pour mission de la mettre en garde des risques qui l'attendaient :

« Vous allez recevoir une pléthore de lettres d'amour, de haine, on vous proposera le mariage, on se fera passer pour un membre lointain de la famille en difficulté, vous recevrez des demandes d'argent par exemple pour une enfant gravement malade. Poussée par la cupidité, la convoitise et la jalousie, l'imagination ne connait pas de borne dans son inventivité : ruse, mensonges, trahison provoquant des drames, un divorce, vos enfants voudront leur part, vous pourriez faire une dépression, le suicide est bien connu dans ce genre de situation. Je vous rends attentive à ceci : l'argent qui arrive ainsi subitement, peut repartir tout aussi vite et le détenteur se retrouve même avec des dettes, une situation pire qu'au paravant.

Tout en écoutant, Laure tournait et retournait son chèque entre ses doigts, prenant lentement conscience du danger qu'il représentait. Elle avait entendu parlé de ce mari qui avait disparu, emportant le chèque ; et de cette femme, mariée sous le régime de la communauté de biens, qui ne pouvait rien en toucher sans le consentement de son mari, elles en avaient bien ri au Chit Chat ! Laure s'imaginait sortant de là son chèque enfoui tout au fond de son sac serré sous son bras, bousculée, recevant un coup et se le faisant voler, ce chèque de toutes les folies ouvertes. La peur lui fit dire :

  • Je ne veux pas de ce chèque et le tendit à l'homme présent qui, surpris, ébahi, se recula.
  • Non, je ne vous le donne pas, je veux simplement que vous versiez cet argent sur mon compte en banque, c'est trop dangereux de le garder sur moi, surtout après tout ce laïus. Comment se fait-il que vous ne le proposiez pas d'emblée ?
  • La coutume, c'est le chèque. Si le gagnant veut une autre forme de paiement, il faut qu'il le dise.
  • Et bien c'est ce que je fais.
  • Vous comprenez, si je vous verse cette somme sur votre compte, vous devrez payer 35 % d’impôt anticipé.
  • Et vous pensez qu'avec un chèque, je pourrai passer entre les goutte du fisc, comme si personne n'allait le savoir ?
  • C'est de votre responsabilité, à chacun son choix, fit l'homme costume-cravate.

Ah la bureaucratie, pensa Laure, on ne réfléchit pas, on exécute les ordres venant d'en-haut, même les plus bêtes, un point c'est tout.

Cependant, il fut fait selon son désire.


Suite le 23 octobre 2015

vendredi 9 octobre 2015

Un euro million 3 Le tri


3 LE TRI

Les jours suivants, les rares promeneurs marchant sur la petite route longeant sa maison, purent apercevoir Laure installée devant une grande table poussée contre la fenêtre de son bureau, sa machine à écrire ouverte à sa droite, elle penchée sur des montagnes de paperasses, la tête de son fidèle Toby appuyée sur ses genoux, comme pour la réconforter. Elle a fait quatre tas, la première pile « papiers à jeter », la deuxième « lettres à répondre », puis « factures à payer » et la dernière nommée « bizarreries ». Elle trie l'abondant courrier reçu. Au début, elle avait tout porté à la déchèterie, sans ménagement, tellement irritée. Seulement elle reçut ensuite des rappels d'électricité, de téléphone... Une fois de plus elle doit faire face à la situation. Enfin sa boîte aux lettres ne déborde plus depuis qu'elle y a collé « Publicité non merci ».

Bon et cette carte de visite de Mademoiselle Truc Muche, où la mettre ? Aucune pile ne lui convient ! Alors elle en commence une cinquième qu'elle nomme « les emmerdeurs ». Serait-elle devenue grossière, elle n'était pas comme cela avant. La première pile, c'est facile, direction grand carton pour la déchèterie, concernant la deuxième elle va envoyer la même lettre à tous, il faut bien qu'elle se simplifie la tâche. Elle tapote un brouillon sur sa machine, tout en veillant à ne pas fermer la porte, on ne sait jamais, cela peut-être important.

« Messieurs, Mesdames, Etant dans l'impossibilité de vous répondre pour le moment, vous voudrez bien patienter environ 3 mois et m'écrire à nouveau si votre présente lettre est toujours d'actualité. A ce moment- là, ma situation se sera éclaircie et j'étudierai attentivement votre demande afin de pouvoir vous dire si j'y donne suite ou non. Avec mes salutations ... etc »

Ceci étant fait, elle passe à la troisième pile «à payer » et prépare un ordre bancaire, comme d'hab dirait son petit fils. Ah, nous y voilà à cette quatrième pille « bizarreries ». Non d'une pipe, un faux, une imitation. Ah quel fourbe, voleur, perfide, tartufe... Elle s'emballe, s'arrête, repart, imagine : qui donc photocopie l'entête du papier à lettre de la Police Municipale en joignant une facture avec un bulletin de compte de chèque ? On lui a suggéré de porter plainte, mais la signature est illisible, le supposé détenteur du CCP ne répond pas au téléphone et son adresse est inexistante. En attendant, elle n'aurait pas été attentive en triant son courrier qu'elle aurait peut-être payé cette facture et pour se faire rembourser, niet ! Quelques personnes dans sa situation seraient-elles tombées dans le piège ?

Quant à porter plainte, non merci, elle en a assez des enquêtes, questions, suspicions, maladresses, tout ça pour une vitre brisée. Enfin, soyons juste, elle en a retiré un certain bien : les curieux ont déserté son jardin, plus personne ne l'arrête au village ; elle a même l'impression qu'on l'évite. Ce n'est pas trop dérangeant, au contraire, elle est moins tendue, plus libre dans ses déplacements ; elle doit s'y faire, c'est ainsi dans l'« après » !

Elle caresse la tête de Toby , le chatouille derrière les oreilles :

  • Allons , viens , faisons quelques pas dehors pour notre bien. Oui je sais tu boîtes encore un peu, nous nous arrêterons au café du coin, avec toi je suis rassurée.

Ils furent accueillis par un bonjour amical du Gros Charles. « Chez Charles », une salle sympa et légèrement voutée, comme son propriétaire, des tables aux nappes de coton à carreaux rouges et blancs, tels les rideaux contre les vitres à petits damiers. Quelle joie, là au moins, rien n'a changé. Le Gros Charles apporte une écuelle pleine d'eau pour Toby et Laure le gratifie d'un doux sourire et se plonge dans le journal .

  • Tu permets que je m'assoie à ta table , on ne t'as pas vue au « Chit Chat » la semaine passée. Tu sais on s'est souvenue que c'est un peu grâce à nous que tu as acheté ce billet de loterie.
  • Bonjour Andrée, comment vas-tu ? Et ton fils, est-il de retour chez toi après son long voyage en Asie , fit Laure, tentant de détourner la conversation.
  • Oui et il a trouvé un travail à la scierie.

Oh, pense Laure, sentant une pierre glisser dans sa poitrine et peser sur son coeur. Victor, pourquoi es-tu parti si jeune ? Tu sais, j'ai dû vendre ta scierie, oui je te l'ai déjà dit une multitude de fois. Vois-tu comme il serait doux maintenant, à l'aube de notre retraite, de nous promener la main dans la main dans les sentiers forestiers, admirant les troncs d'arbres, toi calculant en stères et moi griffonnant des dessins que je transformerais en points de croix sur le canevas.

Perdue dans ses souvenirs, elle ne prit pas garde au départ de sa copine qui a probablement compris, avant elle, que Laure ne reviendrait plus au « Chit Chat » du dernier jeudi de chaque mois.

Le Gros Charles s'est assis à côté d'elle et lui présente deux verres de vin rouge pour faire santé à l'un comme à l'autre et surtout remettre du rose sur ses pommettes qui en avaient bien besoin. Un simple geste, un mot réconfortant, en a-t-elle eu avant ? Dorénavant, elle y veillerait dans cet après. Tant de chose à apprendre sur elle-même, sur les autres.

Flip , flop... flop, flop... flip, flop, flop ! Les nuits suivantes, convaincue d'avoir rempli au mieux ses nouveaux devoirs, Laure s'endore le sourire aux lèvres en écoutant la pluie tomber sur le toit. Depuis son enfance, elle a toujours aimé entendre ce tambourinement sur les tuiles. C'est une chanson qui l'apaise, la fait rêver de beauté  sur la terre ; imaginer mille chimères ; gamberger, sauter par-dessus les montagnes, fantasmer d'un royaume irréel, dans la douceur d'être en harmonie avec l'univers.


Suite le 16 octobre 2015

vendredi 2 octobre 2015

Un euro million : 2 Gling, gling, bling


2 GLING, GLING, BLING !

Bang , gling gling bling ! Bang gling gling ! Un miroir qui tombe dans la cuisine ? Mais il n'y a pas de miroir à la cuisine ! Un trou en étoile dans la vitre, des bris de verre sur le carrelage... prendre un balai, nettoyer. Non ! Non ! Ne rien toucher ! Et cette grosse chaussure sur le sol, au milieu du verre cassé, elle allait se baisser pour la ramasser et, curieuse, la soupeser. Ah non, pas touche, c'est une pièce, heu, une pièce, une pièce à quoi ? Elle a pourtant lu assez de romans policiers dans sa jeunesse mais le mot ne lui vient pas, tout s'embrouille dans sa tête. Se reprendre, téléphoner au 117, il y a urgence.

Epuisée, effondrée dans un fauteuil, elle ferme les yeux. A-t-elle dormi ? Combien de temps ? Est-ce dans son sommeil qu'elle entend des sirènes ? Des lumières bleues, par intermittence, éclairent ses paupières closes. La police ! Ah pour la discrétion c'est parfait ! Il ne manque plus que la cavalerie Et tout à coup elle se sentit secouée de la tête aux pieds par un rire irrépressible. Plaquant un mouchoir sur sa bouche, elle ouvrit la porte d'entrée juste à temps pour entendre :

  • Eteignez donc cette foutue sirène !
  • Bonsoir tante Laure ... oh, es-tu blessée ?
  • Bonsoir David, non non, ça va, entre je t'en prie.

Laure n'est pas la tante de David. Seulement elle a été la grande amie de son père et ensemble ils ont fait les 400 coups pendant leur jeunesse. Lorsque ils se revirent, mariés chacun de leur côté, qu'il eut un fils et elle une fille, ils convinrent que leurs enfants les appelleraient oncle et tante pour souligner des liens devenus presque familiaux.

A 45 ans David est un beau grand gars, il a les épaules larges et porte bien les gallons de lieutenant de police sur son uniforme. Ses yeux, grands, bleus, bleu pervenche, semblent s'ouvrir en un regard émerveillé sur les gens et le monde qui l'entoure. Si vous le rencontrez, vous ne pourrez pas passer à côté de lui sans être subjugué par la luminosité de son regard.

  • Tu n'as rien touché, n'est ce pas, tante Laure, ni ce gros soulier au milieu des débris ? Il pourrait bien être une pièce à conviction.
  • Venez vous assoir, Madame, et buvez cette tasse de thé, elle vous fera du bien, dit une voix féminine à côté d'elle.

C'est qui celle-ci ? A-t-elle à peine pensé tout haut que la réponse arriva, immédiate : « Je suis Mademoiselle Truc Muche, psychologue et j'accompagne Police Secours pour le cas où quelqu'un de traumatisé aurait besoin de mon aide ».

« Hum hum ! Voyons l'intervention de la police est gratuite car elle est un service rendu à la population et payée par nos impôts, mais vous, vous demandez combien de l'heure ? »
Sur un signe de tête de David, Mademoiselle Truc Muche glissa sa carte de visite dans la main de Laure et quitta la maison d'une démarche un peu raide et contrariée.

  • Tante Laure, j'ai fermé les volets à la cuisine et je reviendrai demain vers 9 h avec un gars de l'Identité Judiciaire qui prendra des photos et relèvera les empreintes de pas dans le jardin, s'il y en a, car le terrain est très sec, il n'a pas plu depuis 5 semaines. Cette nuit, nous ferons une ronde dans le quartier et surveillerons ta maison, mais tu comprends, je ne peux pas laisser un homme devant ta porte, nous ne sommes pas assez nombreux pour cela. Ce gros soulier militaire au milieu de la cuisine pourrait bien appartenir à un paysan du coin et il était peut-être chez toi cet après-midi. Tu penseras à me faire une liste de ces personnes. Au fait, où est Toby ?

  • Toby est chez le vétérinaire, il a été opéré à une patte, je vais le chercher demain.
  • Ah oui, il est un bon compagnon pour toi.

Là-dessus, David se penche sur sa tante pour l'embrasser, lui dire au revoir ; Laure le retient dans ses bras et prend le temps de se baigner lentement dans ses yeux.

Cette nuit-là, elle eut de la peine à s'endormir, se tournant et se retournant dans son lit ; trop énervée par les événements, elle se mit à compter, recompter : 100'000 de dons, 35 % d'impôt sur gain en loterie, euh, voyons reste environ 560'000 francs. Déjà elle n'est plus millionnaire !


suite de ce récit le 9 octobre 2015


vendredi 25 septembre 2015

Un euro million : 1 Un euro...





1 UN EURO ...

Elle ne peut plus s'arrêter devant une vitrine, entrer dans un magasin, s'assoir sur une terrasse pour prendre un café, ou tout simplement se promener dans le parc sans que quelqu'un ne l'aborde en lui demandant :

  • C'est donc vrai que tu as gagné 2-3 millions à L'Euro Million ?

Non seulement ça la dérange, lui porte sur les nerfs, mais en plus ils exagèrent sur le montant gagné, ce n'est qu'un million. Enfin c'est beaucoup, alors un de plus ou de moins, quelle différence cela peut-il faire pour eux, franchement ? S'expliquer, comparer les expériences, avec qui ? Avec ceux qui, comme elle, ont vu leur vie basculer du jour au lendemain, bon, mais c'est une chose dont elle n'est pas encore tout à fait consciente. Elle a besoin de réfléchir, d'arrêter que tourne l'horloge, rentrer chez elle, dans le calme de sa maison. Seulement sa maison est pleine de curieux, amis, voisins, inconnus ou peu connus, même ses deux enfants qui pourtant ne se voyaient plus depuis 10 ans.

Se boucher les oreilles, ne plus entendre ces réflexions, parfois suivies d'un soupir :

  • Ah , il faudrait que je refasse le toit de la ferme...
  • J'aimerais envoyer Jacques, ton petit-fils, aux Etats-Unis pour parfaire sa formation...
  • Les affaires vont bien, ce serait le bon moment d'agrandir mon entreprise, qu'en penses-tu ?

Et ces mots dits par l'un de ses proches :

  • Tu sais tu as meilleur temps de tout dépenser car, si tu vas en EMS, ils vont tout te prendre.
Ah ça, elle le sait, elle n'est pas née de la dernière pluie !

Elle aimerait ne plus rien entendre, rien voir, partir au fin fond de la forêt vierge, sur une île déserte, une caverne tout en haut d'une montagne. Oui, mais comment ferait-elle sans ses médicaments ? Allons, se dit-elle, soyons réaliste, il n'y a qu'une solution à ce problème : faire face, dire non, dire oui, haut et clair, préciser ses limites.

Confortée dans ses décisions, elle rentra chez elle et dit à la cantonade :
  • Allez, oust, rentrez chez vous, foutez-moi la paix !

Lourd silence ...

  • Même nous, maman ?
  • Oui, même vous ! Je vous téléphonerai dans quelques jours, quand j'y verrai un peu plus clair .
    Elle sait qu'elle vient d'en vexer certains, d'autres seront déçus, lui tourneront le dos. Il y aura les amis d'avant et ceux d'après, car maintenant il y a un avant et un après.

Enfin seule, elle réfléchit à qui elle va donner le 10% de la totalité de cette manne inattendue car, toute sa vie, elle a procédé ainsi lorsqu'elle gagnait ou recevait une somme imprévue. Voyons, le 10% d'un million, cent mille francs à distribuer, à qui ? Aux femmes du Sahel, aux petits chiffonniers de Manille, à des Institutions suisses aussi et qui sont bien gérées ; se renseigner naturellement car il y a de l'arnaque et des gens pas très honnêtes dans ce domaine.

Et maintenant où mettre cet argent ? Sous le matelas ? Un million, ça fait combien de billets de milles ? Alors les mettre dans une banque, mais laquelle, ne va-t-elle pas faire faillite avec cette histoire des Etats- Unis contre le secret bancaire suisse ? La peur de perdre, voilà une chose qu'elle ne connaissait pas avant. Et puis elle va devoir des impôts, combien  ? Elle fut interrompue dans ses comptes par un « Bang » !


suite de ce récit le 2 octobre 2015



mercredi 16 septembre 2015

Courts récits 3 Saisir l'instant présent

Dès le 18 septembre vous pourrez lire le 3è court récit en cliquant sur "Sciences naturelles".

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Dès le 25 septembre paraîtra un nouveau récit sous forme de feuilleton intitulé "Un euro million". Bonne lecture. 


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vendredi 11 septembre 2015

Courts récits 2 Qui suis-je ?





QUI SUIS-JE ?

Je suis un grain de poussière qui vole dans un rayon de lune, cette feuille de tremble qui se balance dans le soleil au moindre souffle, ce papillon aux ailes fragiles et qui pourtant parcourt 2'000 km sur sa voie migratoire.

Ces chemins qui se croisent à ma naissance et dont je ne puis choisir qu'un seul, suis-je aussi tous les autres, un imbroglio de vies dont je cherche à faire naître la mienne ?

Et ce cri de souffrance que j'entends, il est aussi le mien au milieu de tant d'autres, je ne puis l'ignorer, l'effacer d'un coup de pinceau.

Suis-je cette brillance de grand bonheur que j'ai lu dans vos yeux quand vous m'avez dit : « Ils m'ont tout donné » en parlant des handicapés mentaux auxquels votre vie a été consacrée ? J'ai été ce regard émerveillé de l'enfant qui découvre la beauté de la Terre, celui de mon fils lorsqu'il photographie et que les deux fossettes, les miennes , apparaissent encore sur ses joues.

Peut-être suis-je aussi ces deux colonnes blanches qui m'attendent au seuil d'un nouveau monde de lumière, ou cet ami qui m'a prise tout simplement dans ses bras de tendresse.

Au rythme des pas lents et cadencés des chameaux, je suis cette caravane qui s'allonge comme une ombre sur les sables brûlants et dorés du désert. Le désert, je l'ai lu, est le jardin, d'Allah ; c'est bien là que fleurissent les roses.

Je suis l'océan aux vastes horizons, la montagne qu'il faut conquérir, l'arole solitaire qui domine la vallée, ce pétale de coquelicot qui frissonne au matin.

Alors dites-moi : qui suis-je ?


Prochain court récit le 18 septembre 2015

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